Le vin de Tahiti a une histoire

©DR

©DR

Selon Michel Onfray « Goûter un vin, c’est réveiller l’enfant en soi ». Une jolie formule frappée en médaille pour expliquer combien le vin est la mémoire sensorielle de l’enfance et ramène à l’authentique, à ces moments essentiels et originels. « Comme beaucoup d’habitants de la région, raconte Dominique Aury, mes parents produisaient du cidre pour leurs besoins personnels, j’en connaissais donc la fabrication obtenue à partir de la fermentation du jus de pomme, mais aussi celle du calva. Mes grands-parents maternels faisaient également du vin grâce à quelques pieds de vigne… Comme ma mère était très pratiquante, elle a tenu à ce que je sois enfant de chœur. J’en ai profité pour goûter mes premiers vins, ceux de la messe, c’était tout de même du Monbazillac ! » ».

 A 17 ans, le Normand Dominique Aury découvre les plaisirs du voyage en sillonnant les côtes d’Espagne en scooter pendant les vacances : « J’y ai découvert les jolis paysages et les filles, j’ai également goûté mes premiers vins au tonneau dans les tavernes espagnoles, note-t-il au passage non sans humour… et développé sans doute mon goût de l’aventure. » Sa fille et proche collaboratrice Christina se souvient :  » On nous a souvent pris pour des fous, nous avons traversé beaucoup d’embuches mais sans jamais renoncer. Mon père a réussi son pari : le vin de Tahiti est devenu un produit polynésien incontournable. Ce n’est plus le vin de Dominique Auroy, c’est le vin des Polynésiens. Un rêve d’homme, « un vrai fou d’un amoureux du vin  » qui est devenu une réalité à Rangiroa dont on découvre le vignoble jusque sur Internet.  Et de préciser : « En fait, nous avons réalisé ici des vins rouges de garde sans le vouloir ».  Or, le vin de Tahiti est avant tout un terroir « à blanc » qui produit des vins frais qui peuvent se consommer vite. Désormais, d’accord avec mon père, nous allons privilégier nos blancs : le blanc sec, le blanc de corail, le moelleux et le rosé ». Un choix auquel le temps a donné raison.
Comme l’écrit l’écrivaine bourguignonne Colette : « La vigne et le vin sont de grands mystères dans le règne végétal, la vigne rend intelligible ce qu’est la véritable saveur de la Terre (…) Elle ressent, exprime par la grappe les secrets du sol ».
Aujourd’hui, l’aventure de la vigne entamée par Dominique Aury se poursuit jusque sur le continent africain. En effet, depuis 2004, à la demande de feu le président Omar Bongo, notre homme d’affaires vigneron, qui l’infini en lui-même, a développé un vignoble au Gabon. C’est dans la région du Haut-Ogooué, près de Franceville que dix hectares ont été plantés, notamment avec des cépages polynésiens. Il s’agit des premiers essais de plantation de vignes en Afrique centrale. Comme dit si bien le poète philosophe vigneron André Ostertag : « La vigne n’est pas si fragile. La vigne ne connait pas la peur. La vigne ne connaît que la vie. »
Christian Duteil/ Août 2022/laradiodugout.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *